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Probabilités conditionnelles en Première : la méthode de l'arbre pondéré pas à pas
Les probabilités conditionnelles sont l'un des chapitres les plus rentables de la Première : les exercices se ressemblent tous, et une seule méthode — l'arbre pondéré — permet de traiter 90 % des questions. C'est aussi un chapitre présent dans les sujets zéro officiels de l'épreuve anticipée de maths — et il est tombé dès la première session, le 12 juin 2026, en exercice 1 du sujet de spécialité. Je suis professeur de maths : voici la méthode exacte que je donne à mes élèves, avec un exemple corrigé pas à pas et les erreurs qui coûtent des points.
La probabilité conditionnelle en clair
La probabilité conditionnelle répond à la question : « sachant que A s'est réalisé, quelle est la probabilité que B se réalise ? » On la note PA(B) — c'est la notation du programme, certains manuels écrivent aussi P(B|A). Sa définition, à connaître par cœur :
L'idée intuitive : on « réduit l'univers » aux seuls cas où A est vrai, et on regarde la part de B dans ce nouvel univers. C'est pour ça que le mot « parmi » dans un énoncé annonce presque toujours une probabilité conditionnelle : « parmi les demi-pensionnaires, 75 % font du sport » se traduit par PD(S) = 0,75 — et surtout pas par P(D ∩ S) = 0,75.
L'arbre pondéré : les 3 règles qui font tout
L'arbre pondéré représente la situation en deux niveaux : au premier niveau, les probabilités « brutes » (non conditionnelles) ; au second niveau, les probabilités conditionnelles. Trois règles suffisent ensuite pour tout calculer :
- Règle des nœuds : la somme des probabilités portées par les branches issues d'un même nœud vaut 1. C'est votre outil de vérification permanent — et il permet de compléter les branches manquantes (PA(B) = 1 − PA(B)).
- Règle du produit : la probabilité d'un chemin (de la racine à une feuille) est le produit des probabilités rencontrées sur ses branches : P(A ∩ B) = P(A) × PA(B).
- Règle de la somme : la probabilité d'un événement est la somme des probabilités des chemins qui y aboutissent. Appliquée à une partition {A, A} de l'univers, elle donne la formule des probabilités totales :
La méthode pas à pas sur un exemple type épreuve anticipée
Énoncé. Dans un lycée, 60 % des élèves de Première sont demi-pensionnaires. Parmi les demi-pensionnaires, 75 % pratiquent une activité sportive ; parmi les externes, 40 % en pratiquent une. On choisit un élève au hasard. On note D : « l'élève est demi-pensionnaire » et S : « l'élève pratique une activité sportive ».
0,60 ┌── 0,75 ── S P(D ∩ S) = 0,60 × 0,75 = 0,45
┌────────── D ┤
│ └── 0,25 ── S P(D ∩ S) = 0,60 × 0,25 = 0,15
● ┤
│ ┌── 0,40 ── S P(D ∩ S) = 0,40 × 0,40 = 0,16
└────────── D ┤
0,40 └── 0,60 ── S P(D ∩ S) = 0,40 × 0,60 = 0,24
Vérification immédiate : 0,45 + 0,15 + 0,16 + 0,24 = 1. Si la somme des feuilles ne fait pas 1, une erreur s'est glissée quelque part.
Cette trame — traduire, construire, produit, somme, inversion — est exactement celle des exercices d'examen. L'un des sujets zéro officiels de l'épreuve anticipée publiés sur Eduscol (voie générale) suit ce schéma à l'identique : lecture de probabilités conditionnelles dans l'énoncé, arbre, intersection, probabilité totale, puis inversion du conditionnement pour tester une « intuition » du personnage de l'énoncé. Et à la première session réelle, le 12 juin 2026, l'exercice 1 du sujet de spécialité (5 points) portait précisément sur les probabilités conditionnelles, autour d'une location de bicyclettes et de la souscription d'une assurance.
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Recevoir la fiche gratuite Voir le Pack Bac Maths →Le piège n° 1 : PA(B) n'est pas PB(A)
C'est LE piège du chapitre, au point que le programme officiel demande explicitement de savoir les distinguer « par exemple dans des situations de type faux positifs ». Illustration classique avec un test de dépistage : dans une population, 2 % des individus sont malades (M). Le test détecte un malade dans 95 % des cas : PM(T) = 0,95. Mais il se déclenche à tort chez 5 % des personnes saines : PM(T) = 0,05.
Quelle est la probabilité d'être malade sachant que le test est positif ? Règle du produit puis probabilités totales :
- P(M ∩ T) = 0,02 × 0,95 = 0,019
- P(M ∩ T) = 0,98 × 0,05 = 0,049
- P(T) = 0,019 + 0,049 = 0,068
- PT(M) = 0,019 ⁄ 0,068 = 19⁄68 ≈ 0,28
Résultat contre-intuitif : alors que le test « détecte 95 % des malades », une personne testée positive n'a qu'environ 28 % de risque d'être réellement malade — parce que les faux positifs, prélevés sur les 98 % de personnes saines, sont plus nombreux que les vrais positifs. PM(T) = 0,95 et PT(M) ≈ 0,28 : deux probabilités radicalement différentes. Un exercice qui vous fait constater ce genre d'écart est quasiment toujours un exercice d'inversion du conditionnement.
Indépendance : ce que ça change sur l'arbre
Deux événements A et B sont indépendants lorsque P(A ∩ B) = P(A) × P(B) — autrement dit, si P(A) ≠ 0, lorsque PA(B) = P(B) : savoir que A s'est réalisé ne change rien à la probabilité de B. Exemple : on lance un dé équilibré à six faces. A : « obtenir un nombre pair » (P(A) = 1⁄2), B : « obtenir un multiple de 3 » (P(B) = 2⁄6 = 1⁄3). Or A ∩ B = {6}, donc P(A ∩ B) = 1⁄6 = 1⁄2 × 1⁄3 : A et B sont indépendants.
Sur un arbre, l'indépendance se voit d'un coup d'œil : les branches du second niveau portent les mêmes probabilités quelle que soit la branche du premier niveau. C'est le cas typique de la succession de deux épreuves indépendantes (deux lancers, deux tirages avec remise) : dans ce cas, les poids du second niveau sont simplement les probabilités de la seconde épreuve — l'indépendance fait que le conditionnement ne change rien. À l'inverse, un tirage sans remise crée de la dépendance : le second niveau redevient conditionnel.
Les 5 erreurs qui coûtent des points
- Confondre « et » et « sachant que ». « Parmi les X, y %… » = conditionnelle PX(…) ; « y % sont X et Y » = intersection P(X ∩ Y). Une traduction fausse au départ fait dérailler tout l'exercice.
- Mettre une probabilité conditionnelle au premier niveau de l'arbre. Le premier niveau porte les probabilités brutes, le second les conditionnelles. Si l'énoncé ne donne que des « parmi les A… », c'est que A doit être au premier niveau.
- Lire l'arbre à l'envers pour calculer PB(A). L'arbre construit avec A au premier niveau donne PA(B), jamais PB(A) directement. Pour inverser, on repasse par la définition (étape 5 ci-dessus).
- Ne pas vérifier la règle des nœuds. Dix secondes pour contrôler que chaque nœud somme à 1 (et les feuilles aussi) : c'est le filet de sécurité le plus rentable de tout le chapitre — précieux quand on n'a pas de calculatrice pour se rassurer.
- Oublier la phrase de conclusion. Un résultat numérique brut sans interprétation (« la probabilité que… est d'environ… ») fait perdre des points de rédaction. « Communiquer » fait partie des compétences mathématiques évaluées dans la partie « exercices » de l'épreuve.
Comment travailler ce chapitre efficacement
Bonne nouvelle : c'est un chapitre court, très « méthode », où la progression est rapide. Mon conseil de prof :
- Apprendre les 3 règles + la définition de PA(B) par cœur (15 minutes, pas plus — il y a très peu à mémoriser).
- Refaire l'exemple corrigé ci-dessus sans regarder, en rédigeant chaque étape. Si l'inversion du conditionnement passe, le reste suivra.
- S'entraîner sans calculatrice sur des valeurs décimales simples : c'est la condition réelle de l'épreuve, et les multiplications du type 0,60 × 0,75 doivent devenir des automatismes.
- Varier les habillages (tests de dépistage, sondages, production en usine, tirages) : l'habillage change, la trame en 5 étapes ne change jamais.
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Découvrir le Pack →Questions fréquentes
Quelle est la différence entre P(A ∩ B) et PA(B) ?
Les probabilités conditionnelles tombent-elles à l'épreuve anticipée ?
Quel événement placer au premier niveau de l'arbre ?
A-t-on droit à la calculatrice pour ces exercices ?
Comment calculer PB(A) quand l'arbre donne PA(B) ?
Sources officielles
• Programme de spécialité mathématiques de première générale (BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) — ministère de l'Éducation nationale (consulté le 02/07/2026)
• Ministère de l'Éducation nationale — Épreuve anticipée de mathématiques en classe de 1re (2025-2026) (consulté le 02/07/2026)
• Service-Public.fr — Modalités de l'épreuve anticipée de mathématiques (décret n° 2025-513 du 10 juin 2025) (consulté le 02/07/2026)
• Eduscol — Sujet zéro de l'épreuve anticipée de mathématiques, voie générale (exercice complet d'arbre pondéré et de probabilités conditionnelles) (consulté le 02/07/2026)
• L'Étudiant — Sujets et corrigés de l'épreuve anticipée de mathématiques 2026 (contenu des sujets de la session du 12 juin 2026) (consulté le 02/07/2026)